Sorties de la semaine | 19.08.26

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17 août 2026 | Meryl Moser, directrice

 

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INSIDIOUS : L'INVASION DU LOINTAIN

Sortie dans les salles de cinéma
| Aigle |

« Cette fois, le danger ne reste plus de l’autre côté. »

Gemma élève sa fille dans la maison où elle a elle-même grandi lorsqu’elle découvre qu’elle possède un lien très particulier avec le Lointain, ce royaume peuplé d’âmes perdues au cœur de la saga Insidious. Mais son pouvoir va bien plus loin que celui des personnages qui l’ont précédée : elle peut entrer dans cet univers… et ramener avec elle ce qui s’y trouve.

Cette idée change immédiatement les règles. Le Lointain n’est plus seulement un endroit terrifiant dans lequel les personnages risquent de se perdre : ses créatures peuvent désormais franchir la frontière et envahir le monde réel. Une nouvelle famille se retrouve ainsi au centre de l’histoire, tandis que Lin Shaye reprend le rôle d’Elise Rainier, toujours présente malgré sa mort dans le premier film.

Jacob Chase, réalisateur de Come Play, prend les commandes de ce nouveau chapitre avec Amelia Eve dans le rôle de Gemma. La saga conserve donc son univers et sa mythologie, tout en ouvrant une nouvelle histoire autour d’un pouvoir qui pourrait rendre le Lointain encore plus dangereux qu’auparavant.

Lin Shaye a raconté une expérience de tournage assez révélatrice de l’atmosphère recherchée. Les scènes du Lointain étaient filmées dans un immense espace noir rempli de fumée en studio en Australie. Après être passée directement de la lumière extérieure à ce décor, elle s’est retrouvée tellement désorientée qu’elle a perdu ses repères et a elle-même ressenti une véritable peur. La toute première scène qu’elle a tournée pour le film a d’ailleurs commencé à quatre heures du matin.

Insidious : L’Invasion du Lointain reprend ainsi l’une des grandes peurs de la saga, cette frontière fragile entre notre monde et l’au-delà, pour la pousser un peu plus loin : que se passe-t-il lorsque ce n’est plus nous qui entrons dans le Lointain, mais le Lointain qui commence à entrer chez nous ?

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TEENAGE SEX AND DEATH AT CAMP MIASMA

Sortie dans les salles de cinéma
| Vevey | Aigle |

« Un slasher queer étrange, fascinant et totalement à part. »
 

Kris, jeune réalisatrice queer, se voit confier le reboot de Camp Miasma, une vieille franchise de slashers des années 1980 aussi culte que problématique. Pour donner un sens à cette nouvelle version, elle part à la recherche de Billy Presley, la « final girl » du film original, devenue depuis une femme solitaire et insaisissable. Leur rencontre va peu à peu entraîner le film très loin du simple hommage au cinéma d’horreur.

Hannah Einbinder et Gillian Anderson portent un récit qui joue constamment avec nos repères. On passe de la parodie au malaise, du slasher à quelque chose de beaucoup plus intime, parfois drôle, parfois franchement déroutant. Il y est question de désir, d’identité, de trauma, de cinéma et de cette étrange manière dont les œuvres que nous aimons peuvent finir par se mélanger à notre propre histoire.

Et je crois que c’est justement là que je reste face au film : incapable de dire simplement « j’ai aimé » ou « je n’ai pas aimé ». Teenage Sex and Death at Camp Miasma est un véritable OVNI. Il est particulier, étrange, parfois excessif et volontairement inconfortable. Certaines scènes semblent presque vouloir nous perdre, puis quelque chose de très humain surgit là où on ne l’attendait pas. C’est le genre de film qui continue à travailler après la projection, justement parce qu’on ne sait pas immédiatement quoi en faire.

Jane Schoenbrun pousse même le jeu très loin dans la fabrication du film : toute l’histoire de Camp Miasma a été inventée comme si cette saga avait réellement traversé plusieurs décennies. L’équipe a créé de fausses VHS, des jeux de société, du merchandising et toute une mythologie autour de cette franchise inexistante. Cette attention au détail explique pourquoi cet univers paraît parfois étrangement familier.

Ce n’est clairement pas un film pour tout le monde, et ce n’est surtout pas un slasher classique. Mais pour celles et ceux qui aiment les propositions radicales, le cinéma queer, les films qui jouent avec leurs propres codes et les œuvres dont on a encore envie de discuter en sortant de la salle, il y a ici quelque chose de vraiment singulier. Et finalement, ne pas savoir exactement ce que j’en pense fait peut-être partie de l’expérience.

#TeenageSexAndDeathAtCampMiasma #JaneSchoenbrun #GillianAnderson #HannahEinbinder #Horreur #Slasher #CinémaQueer 

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MUTINY

Sortie dans les salles de cinéma
| Montreux | Aigle |

« Accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, Jason Statham passe à l’offensive. »

Cole Reed travaille dans la sécurité privée pour un puissant industriel lorsqu’il assiste au meurtre de son patron. Quelques instants plus tard, tout l’accuse. Désormais traqué, il n’a plus vraiment le choix : pour découvrir qui l’a piégé, il va devoir remonter lui-même la piste des responsables.

Son enquête le conduit à bord d’un immense cargo où l’affaire prend une tout autre dimension. Derrière l’assassinat se cache une conspiration internationale et Cole se retrouve isolé en territoire hostile, contraint d’utiliser son expérience, son instinct et tout ce que le navire peut lui offrir pour survivre.

Jason Statham retrouve ici le cinéma d’action physique qui lui va particulièrement bien, sous la direction du Français Jean-François Richet, réalisateur de Plane, Blood Father et des deux films Mesrine. Annabelle Wallis, Adrian Lester, Roland Møller et Jason Wong complètent le casting.

Mutiny marque également une nouvelle étape pour Jason Statham puisqu’il ne se contente pas d’en être la vedette : il produit aussi le film à travers Punch Palace Productions, sa société de production.

Un cargo, une machination internationale et un héros seul contre ceux qui l’ont désigné coupable : Mutiny joue clairement la carte du thriller d’action direct et musclé, avec Jason Statham au cœur d’une situation où il doit comprendre qui l’a piégé avant qu’il ne soit trop tard.

#Mutiny #JasonStatham #JeanFrancoisRichet #AnnabelleWallis #AdrianLester #FilmDAction #Thriller

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FJORD

Sortie dans les salles de cinéma
| Vevey | Monthey | Martigny | Orbe |

« Palme d’Or Cannes 2026 - Jusqu’où peut-on accepter les valeurs des autres lorsqu’elles heurtent profondément les nôtres ? »

Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très croyant, s’installent avec leurs enfants dans un village isolé au bord d’un fjord. Ils se lient rapidement avec leurs voisins, les Halberg, dont l’éducation et la manière de voir le monde sont pourtant très différentes. Lorsque des ecchymoses sont découvertes sur le corps d’Elia, l’aînée des enfants Gheorghiu, l’équilibre entre les deux familles se fissure et toute la communauté commence à s’interroger.

Cristian Mungiu ne cherche pas à nous donner une réponse confortable. Fjord confronte des convictions religieuses et traditionnelles à une société norvégienne qui se veut progressiste et protectrice, puis laisse chacun mesurer ce qui se passe lorsque ces valeurs deviennent incompatibles. À quel moment protéger devient-il imposer ? Jusqu’où respecter une culture ou une conviction que l’on désapprouve ? Et sommes-nous encore capables de défendre les droits de quelqu’un dont les idées nous dérangent profondément ?

C’est précisément cette absence de réponse évidente que j’ai beaucoup aimée. Le film oblige régulièrement à revoir son jugement, parfois quelques minutes seulement après avoir cru savoir de quel côté se placer. Sebastian Stan et Renate Reinsve donnent beaucoup de force à cette famille prise dans un engrenage où chacun agit avec la conviction d’avoir de bonnes raisons de le faire.

Cristian Mungiu a expliqué qu’il ne croyait pas à l’existence d’une vérité unique que l’on pourrait imposer aux autres. Cette réflexion traverse tout le film et lui donne une résonance particulièrement actuelle, bien au-delà de l’histoire de ces deux familles.

Récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes 2026, Fjord est un film exigeant, parfois inconfortable, mais passionnant dans les questions qu’il soulève. J’en suis sortie avec beaucoup plus de questions que de certitudes, et c’est probablement l’une de ses plus grandes qualités.

#Fjord #CristianMungiu #SebastianStan #RenateReinsve #PalmeDOr #Cannes2026 #Drame 

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THE NORTH

Sortie dans les salles de cinéma
| Vevey | Orbe |

« Six cents kilomètres pour tenter de retrouver une amitié qui s’est perdue en chemin. »

Dix ans après avoir été inséparables, Chris et Lluis se retrouvent pour entreprendre une randonnée de 600 kilomètres à travers les Highlands écossais, sur la West Highland Way et le Cape Wrath Trail. Trente jours de marche, loin du quotidien, avec l’espoir de retrouver cette proximité qui les liait autrefois. Mais le temps a passé, leurs vies ont pris des directions différentes et le silence des grands espaces finit par laisser remonter ce qu’ils avaient peut-être préféré ne pas regarder.

Bart Schrijver choisit de raconter cette amitié sans artifices ni grandes déclarations. Les conversations arrivent au rythme de la marche, parfois maladroites, parfois incomplètes, tandis que la fatigue et l’isolement font peu à peu tomber les défenses. The North parle de ces relations que l’on continue d’appeler « amitiés » parce qu’elles ont compté énormément, alors même qu’on ne sait plus toujours qui est devenu l’autre.

Cette histoire est en partie nourrie par la propre expérience du réalisateur. Bart Schrijver avait lui-même parcouru plus de 3 000 kilomètres à pied en Nouvelle-Zélande avec un ami, une expérience qui lui a inspiré plusieurs éléments du film. Pour The North, il a voulu que le tournage ressemble réellement à ce que vivent les personnages : une équipe de seulement six personnes a marché environ 300 kilomètres dans les Highlands, transportant nourriture, tentes et matériel de cinéma dans des sacs pouvant peser jusqu’à 33 kilos.

La météo n’était pas maîtrisée non plus : lorsqu’il pleuvait, ils tournaient sous la pluie, lorsqu’une tempête arrivait, elle entrait dans le film. Les scènes ont même été filmées dans l’ordre chronologique et Bart Schrijver réécrivait régulièrement le scénario le soir sous sa tente, en fonction de ce qui s’était réellement passé durant la journée.

Il en ressort un film contemplatif mais profondément humain, où les paysages ne servent pas simplement de décor. Ils imposent leur rythme et offrent aux personnages cet espace immense dans lequel il devient difficile de continuer à fuir certaines questions. The North parle d’amitié, de solitude, du temps qui passe et de cette étrange distance qui peut s’installer entre deux personnes sans qu’on sache exactement à quel moment elle a commencé.

#TheNorth #BartSchrijver #BartHarder #CarlosPulido #Cinéma #Highlands #Écosse 

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